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12.10.2017 - L'agriculture sans produits de traitement, une stratégie irréaliste

"Les produits phytosanitaires, sont en fait des médicaments pour les plantes, destinés à les favoriser, les fortifier ou les soigner." La nouvelle édition du bulletin Terreinfo se penche sur la question des traitements.

Certains l'affirment haut et fort : la politique agricole doit tendre à résoudre les problèmes que posent universellement les produits de traitement des plantes, vulgairement appelés pesticides, en imposant à notre agriculture une conversion massive à la production biologique. Ce serait le seul standard susceptible de répondre aux défis de la réduction de l’utilisation de ces produits dans l’agriculture, tel que programmé dans le Plan d’action national pour en diminuer l’usage dans nos campagnes. D’aucuns oublient que le producteur BIO fait aussi usage de produits de traitement, parfois chimiques, souvent toxiques, pour assurer et protéger ses récoltes. Sa bonne renommée ne l’absout pas de toute responsabilité dans la contamination des sols ou des eaux.


Le premier défi pour l’agriculture suisse - la votation sur la sécurité alimentaire a permis de le remettre en évidence - c’est de fournir les consommateurs en quantités et qualités suffisantes pour assurer leur approvisionnement avec des produits de proximité et de qualité. Or, tant notre climat que l’exiguïté de notre territoire ne permettent pas d’espérer passivement du ciel une protection efficace. S’abstenir de l’usage de tout produit de synthèse, entraînerait des pertes de l’ordre de 20 à 30 % des quantités produites, nous obligeant à importer encore davantage de produits n’obéissant pas à ces strictes règles. Le second obstacle, qui concerne surtout les produits non transformés (fruits et légumes), réside dans l’impossibilité de satisfaire les standards du commerce agro-alimentaire, et donc en fin de compte les consommateurs, avec des cultures abandonnées aux caprices météorologiques et biologiques de la nature.


C’est à la mode de vouer tous les « pesticides » aux gémonies, surtout lorsque l’on ne parle pas de ceux que l’on utilise soi-même, notamment en dehors de l’agriculture ou de l’espace agricole. La problématique des perturbateurs endocriniens montre à l’envi que les produits chimiques utilisés en agriculture ne sont que des gouttes d’eau dans la mer, détectables certes, mais le plus souvent sans danger pour l’homme. L’exemple du glyphosate illustre très bien cette irrationalité, puisqu’il ne s’utilise – chez nous – que sur des mauvaises herbes qu’en principe l’on ne mange pas. Or son supposé caractère potentiellement cancérogène l’a fait ranger dans les pires produits utilisés par l’agriculture, mobilisant les agendas politiques et les médias au-delà de toute raison. Avant d’être des « poisons », les pesticides, ou bien mieux les produits phytosanitaires, sont en fait des médicaments pour les plantes, destinés à les favoriser, les fortifier ou les soigner.


La solution, pour notre agriculture comme pour notre alimentation, n'est sûrement pas de s'orienter aveuglément vers le seul mode de production BIO, ni de faire prononcer par le peuple des ukases irresponsables avec des initiatives effrayant délibérément l’opinion publique. Il importe bien plutôt que des solutions durables, véritables alternatives aux produits jugés problématiques, soient développées, ceci en réinvestissant dans la recherche agronomique et la vulgarisation agricole. Ce n’est que grâce à une réorientation de ces priorités que des progrès pourront se matérialiser, et non pas en fustigeant hypocritement l’agriculture conventionnelle, qui, à l’aune du reste du monde, est chez nous un mode de production assurément biologique.


Ch. Aeberhard

 

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