14/01/2026

Défense professionnelle Dans les campagnes vaudoises Filières et marchés agricoles Politique agricole Prestations Produits du terroir Vie de la terre Points forts


Observatoire économique 2024: une agriculture vaudoise sous pression

Le 20ᵉ rapport de l’Observatoire économique de Prométerre dresse un état des lieux détaillé du secteur agricole vaudois pour l’exercice 2024. Dans un contexte marqué par des conditions météorologiques défavorables, des coûts en hausse et des contraintes structurelles persistantes, les résultats mettent en évidence une fragilisation accrue des exploitations, mais aussi de forts contrastes entre filières et régions.

Une évolution structurelle toujours marquée

L’agriculture vaudoise poursuit sa transformation. Le nombre d’exploitations continue de diminuer, avec une polarisation accrue du tissu agricole: les plus petites et les plus grandes structures progressent, tandis que les exploitations intermédiaires reculent nettement. Du côté de l’élevage, les détenteurs de bovins, de porcs et de volailles sont en baisse, alors que les filières ovine et caprine enregistrent une progression modérée. Les surfaces agricoles évoluent également: recul des céréales, des oléagineux et des pommes de terre, mais maintien, voire hausse, des betteraves, protéagineux fourragers et du maïs d’ensilage.

Des résultats économiques en net recul

En 2024, la valeur de la production agricole cantonale atteint 1,29 milliard de francs, en baisse de 3% par rapport à l’année précédente, principalement en raison d’une météo défavorable. La valeur ajoutée nette (-7,3%) et le revenu net d’entreprise (-10%) reculent plus fortement encore. Malgré l’effet stabilisateur des paiements directs, la hausse des charges et la baisse des rendements pèsent lourdement sur la rentabilité des exploitations. Une amélioration est toutefois attendue en 2025, portée par des perspectives de récoltes plus favorables.

Main-d’œuvre: un désavantage concurrentiel

La seconde partie de l’Observatoire analyse les coûts de la main-d’œuvre agricole vaudoise. Les exigences du contrat-type de travail cantonal, plus élevées que la directive nationale, engendrent un surcoût horaire estimé entre 10 et 11%. Ce différentiel ne pouvant être répercuté sur les prix agricoles, il pénalise particulièrement les filières intensives en main-d’œuvre, comme les fruits, les légumes et la viticulture, pourtant centrales pour l’agriculture vaudoise.

Revenus: de fortes disparités

Le revenu agricole moyen par exploitation chute de 8,5%, pour s’établir à 72'266 francs. Le revenu du travail par unité de main-d’œuvre familiale recule également, à 57'874 francs, avec de forts contrastes: progression marquée en zone de montagne, mais recul en plaine. Par type d’exploitation, les grandes cultures et les cultures spéciales enregistrent les baisses les plus importantes, tandis que les exploitations laitières bénéficient encore de marchés relativement favorables.

Outil de référence, l’Observatoire économique de Prométerre apporte des données objectives et chiffrées indispensables au débat agricole et politique, en mettant en lumière les réalités économiques vécues sur le terrain par les agricultrices et agriculteurs vaudois.
Guyliane Leuba et Christian Aeberhard, œuvrant à la défense professionnelle de Prométerre, se tiennent à disposition au 021 614 24 36 en cas de questions complémentaires au sujet de l'Observatoire économique 2024.

Document(s) à télécharger
créé par WGR