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Météo des prés

Conduite de l'exploitation

Elaborée à partir de relevés agricoles sur prairies, cette page propose un état des lieux saisonnier, des critères de décision et des conseils pour l’entretien des pâturages, afin de maintenir la santé et la productivité des surfaces herbagères et fourragères, dès la reprise de la pousse.

 

Semaine 27.08.2026

Les précipitations de ces derniers jours apportent un peu répit dans cette sécheresse prolongée. L’herbe reverdie et les dérobées semées commencent à lever. Pour l’instant pas de quoi affourager en vert ou augmenter les surfaces de pâture mais si les températures restent < 30°C et que de nouvelles précipitations arrivent, le mois de septembre permettra de réduire un peu l’affouragement « hivernal ».

La pousse de l’herbe reste toutefois très faible, voire nulle, avec des stocks sur pied limités.

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Points d’importance à retenir (infos approfondies ci-dessous)

 

Sursemis et resemis de fin d’été

Le potentiel de récupération des prairies après un stress hydrique intense n’est pas à sous-estimer.

En revanche, certaines espèces fourragères tempérées (raygras, pâturin de près) en particulier des prairies temporaires ont peut-être mal supporté les fortes chaleurs prolongées combinée à d’éventuelles coupes rases ou surpâture.

En cas de forte dégradation de la composition botanique, au profit d’adventice, il peut être nécessaire de ressemer ou sursemer déjà cet automne.

  • Si moins de 15 % de la surface est à nu, privilégiez un sur-semis. En présence de végétation morte en surface, un hersage avant le semis améliore le contact sol-graine. Utilisez du ray-grass (anglais ou hybride) à 20 kg/ha, seul ou associé à du trèfle blanc (pâture) ou violet (fauche).
  • Si la prairie est fortement dégradée, avec une faible proportion de bonnes graminées, un resemis complet est généralement plus adapté, notamment pour les prairies temporaires.

Dans beaucoup de cas, il peut être préférable d’attendre le printemps prochain pour voir comment ces prairies repartent.

 

Surfaces plus adaptées au sec

Sur les six dernières années, trois (2022, 2023 et 2026) ont été marquées par la sécheresse. Cette récurrence souligne une nécessité évidente de renforcer la résilience des systèmes fourragers.

Diversifier. Au-delà de la constitution d’un stock de sécurité, il est recommandé de diversifier les mélanges fourragers et de consacrer au moins un quart voire un tiers des surfaces à des mélanges plus tolérants à la sécheresse, voire davantage dans les secteurs les plus secs. Cette diversification permet de mieux sécuriser les rendements et de préserver les prairies. Le tableau ci-dessous présente différentes possibilités à titre d’exemple.

Le bon mélange au bon endroit. Cette année permet également de repérer les parcelles les plus sensibles au stress hydrique. L’implantation de mélanges mieux adaptés aux conditions sèches devrait y être priorisée.

Le renouvellement des prairies à l’automne offre une opportunité de valoriser l’interculture : implantation d’un sorgho multi coupe pour pâturer ou récolter durant l’été, ou semis sous couvert d’un méteil à l’automne afin de sécuriser la production fourragère printanière.

Anticiper. Lorsque les prairies atteignent leurs limites en été, les cultures annuelles peuvent jouer un rôle d’assurance fourragère. Les espèces en C4, comme le sorgho multicoupe, valorisent mieux la chaleur et tolèrent le sec pour fournir du fourrage à pâturer ou à faucher durant l’été.

Varier les périodes de semis. Tendanciellement, les semis de prairie en fin d’été réussissent mieux que des semis d’été ou de printemps (retour de l’humidité, hiver moins rudes).On peut donc semer des prairies après le mois d’août ! Dans les zones plus fraîches, un semis de prairie sous couvert permet de sécuriser l’implantation.

Pour plus d’information, vous pouvez aller écouter le podcast Podconseil « Implanter des prairies temporaires : quand ? comment ? »

 

Semis de prairie sous couvert

À l’automne (septembre-octobre), le semis des prairies sous couvert de méteil ou de céréales (seigle, avoine) est une technique éprouvée qui présente plusieurs avantages : meilleure maîtrise des adventices, production d’un fourrage supplémentaire au printemps, effet protecteur du couvert contre les températures hivernales, etc.

Pour garantir la réussite de l’implantation et éviter que le couvert n’étouffe pas la prairie, quelques règles sont à respecter :

  • Semer à maximum 50-75% de la pleine dose du couvert
  • Semer la prairie et le couvert en 1 ou 2 passages en fonction de la taille des graines
  • Apport limité en azote (environ 0-30UN)
  • Faucher précocement la parcelle en sortie hiver (max fin avril) afin de favoriser l’accès à la lumière pour la prairie

 

Dérobées d'été

Les dérobées d’été à base d’avoine ou de raygrass ont été semées. Il faut désormais attendre l’évolution sur cet automne pour pâturer ou faucher.

      

Pâture du sorgho

Les sorghos multicoupes semés au mois de juin sont valorisés en 2ème ou 3ème coupes.

Une pâture à partir de 50 cm (Sudan grass) et 60 cm (hybride) est recommandée pour éviter des problèmes de toxicité. Une complémentation avec du foin permet également de sécuriser la ration. Éviter de pâturer un sorgho fortement stressé (feuilles enroulées et couleur vert-grisé). Attendre quelques jours avant de le faire pâturer.

 

Maïs

Les ensilages de maïs sont bien entamés, voire terminé pour certains. Comme attendus, les rendements de l’année sont moindres avec une grande hétérogénéité des parcelles en fonction de la date de semis et du type de sol. Les semis précoces (avant fin avril) s’en sorte le mieux, mais la valeur alimentaire n’est pas au rendez-vous.

 

Malgré tout, pour ceux qui entament l’affouragement en vert du maïs, les règles de base de restent en vigueur :

  • Commencer avec 8 kg de matière fraîche (MF) par vache et par jour pendant une semaine, puis augmenter progressivement jusqu'à 24 kg MF/jour au bout de trois semaines ;
  • Prévoir une complémentation protéique à partir de 12 kg MF/jour ;
  • Renforcer la complémentation minérale, le maïs étant pauvre en calcium et en phosphore ;
  • En cas de risque élevé d'acidose, distribuer 150 g de bicarbonate par vache et par jour, idéalement en deux apports.

 

Pensez à évaluer vos stocks pour anticiper vos achats. Dans beaucoup de cas, les stocks hivernaux devront être complétés par des achats de maïs (épi ou plante entière), de foin, de coproduits énergétiques (pulpes) avec une probable augmentation des concentrés.

 

Luzerne

La luzerne profite généralement bien des conditions estivales favorables. Sur la photo, on observe par exemple une repousse après seulement 14 jours. Elle peut toutefois être fortement pénalisée dans les sols peu profonds, où la réserve en eau est limitée.

Pour les coupes estivales, un rendement d’environ 1-1.5t MS/ha peut être attendu selon la densité du stand. Profitez de cette période pour la laisser fleurir, afin de préserver sa pérennité. La perte de qualité fourragère se fait sur moins de rendement.

      

 

Fumure

Après une période sèche et chaude, le retour de la pluie permet de minéraliser les sols. Un apport de d’azote n’est donc pas nécessaire à ce stade.

     

Pour plus d’informations, la page spéciale sécheresse sur le site de Prométerre.

       

Conseil approfondi et formation continue

Nicolás Cauda et Eliane Lemaitre, conseillers agricoles chez Proconseil répondent à vos questions techniques à 021 905 95 50, n.cauda(@)prometerre.ch | 024 423 44 88, e.lemaitre(@)prometerre.ch .

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