01/07/2022

Proconseil Sàrl

Sécheresse Proconseil


Sécheresse et ressources fourragères: anticiper les éventuelles prochaines vagues de chaleur estivales

Nos conseils pour prévenir les prochaines vagues de chaleur persistantes et éviter de se retrouver en situation de difficulté avec ses ressources fourragères.

Parmi les adaptations à long terme qui peuvent être mise en place à la ferme figurent:

         

1. Le choix des espèces et mélanges fourragers

Pour se protéger contre les risques liés à la sécheresse la stratégie consiste à diversifier la composition botanique et le moment de production des surfaces fourragères

  • Mélanges fourragers plus résistants

Afin de limiter les risques liés à la sécheresse, il est recommandé de consacrer une partie des surfaces destinées à la production fourragère à des mélanges tolérants à la sécheresse. Cette stratégie permet de sécuriser la production face à l'alternance de plus en plus fréquente entre années sèches et années humides. En pratique, l'ADCF recommande de couvrir entre 25% et 33% de la surface fourragère avec ce type de mélanges.

Ces mélanges pluriannuels, souvent enrichis en fétuque élevée, trèfle violet, luzerne, esparcette et fromental, s'adaptent aux différents besoins en termes de durée et de mode d'utilisation. Les mélanges standards 301, 325, 326, 362 et 462 en constituent de bons exemples. L'incorporation de plantes tolérantes à la sécheresse, comme le plantain, la chicorée ou la luzerne, dans les mélanges constitue également une option intéressante, à condition qu'elle n'altère pas l'équilibre botanique. Plus d’information dans le catalogue Agroscope mélanges standard pour la production fourragère (2025-2028)

Extrait du catalogue : régime hydrique adéquat et modes d’utilisation possibles pour les différents mélanges. Source : Agroscope

Plus que le mélange, la conduite de l’herbe est déterminante en période estivale. Les intervalles entre deux pâturages doivent être allongés à 30 jours afin de laisser aux plantes le temps de reconstituer leurs réserves et d'éviter d'accentuer le stress lié aux conditions estivales. Il est également essentiel de laisser une hauteur résiduelle de 6 à 7 cm afin de conserver une surface foliaire (« panneaux solaires » de la plante), indispensable à la reprise de la croissance, tout en maintenant une couverture du sol qui limite son échauffement et son dessèchement.

La technique du « topping », qui consiste à faucher l’herbe juste avant l’entrée des vaches, permet de mieux maîtriser la hauteur résiduelle après pâturage. En cas de manque d’herbe, une complémentation importante à l’auge est nécessaire afin d’éviter la surpâture. Lorsque les conditions sont très sèches, un pâturage limité, par exemple la nuit, permet d’améliorer le confort des animaux tout en réduisant la pression sur les prairies.

Si les pluies tardent à revenir, il n'y a pas de miracle. En revanche, une bonne gestion du pâturage permet de conserver un tapis végétal en meilleur état, ce qui favorise une repousse plus rapide lorsque les pluies reviennent.

La luzerne en pure

     - Présentation complète sur Culture de luzerne, Proconseil

Cultures à 2 débouchés

Le sorgho monocoupes pour remplacer du maïs

     - Fiche conduite technique sorgho fourrager, Chambre d'Agriculture de Saône-et-Loire

Le sorgho multicoupes ou le millet perlé pour pâturer ou faucher l’été 

  - Fiche technique "Sorgho multicoupes - Un fourrage complémentaire en cas de sécheresse estivale", Proconseil

     - Poster sorgho multicoupes, Proconseil

Les cultures dérobées d’été

     - Plus d’information sur le Tableau résumé des dérobées d'été

Cultures à croissance décalée : méteils

     - Fiche technique méteils fourragers, Proconseil

     - Rapport d’essai méteil fourrage, Proconseil

      

2. Prévoyez des stocks de réserve

Un stock de fourrage suffisent permet de pallier la baisse de rendement lors des périodes de sécheresse pour passer un été serein. La baisse de production fourragère dépend des conditionnes pédoclimatiques locales et des pratiques d’adaptation adoptées par l’exploitant.

- Dans l’axe de travail autonomie fourragère du projet le RISC, le consensus est de 60 jours de stock de réserve (60/365 de la consommation annuelle du troupeau), pour pallier les jours où la pousse de l'herbe est nulle, ainsi que les pertes de rendement des cultures annuelles (ex. maïs). Selon les capacités de stockage, un minimum de 30 jours de réserve peut être envisagéÀ partir de l'ingestion totale de fourrages des bovins, issue du bilan de fumure, une estimation des stocks à la mise à l'herbe pourrait être réalisée

- Connaissez davantage sur les réflexions menées par l’axe de travail autonomie fourragère du projet le RISC

      

3. Les changements de pratiques fourragères

  • Haies fourragères et agroforesterie
  • Stocks sur pieds

Envisager le stockage d’une végétation un peu plus haute pour être consommée plus tardivement et réduire le coût du machinisme.

Choisir des espèces fourragères adaptées.

- Fiche technique « Faire des stocks sur pied pour allonger le pâturage en période estivale » Idele (Institut de l’élevage en France)

 

Contact et autre documentation

- L’équipe Proconseil fournit sur demande des conseils stratégiques et techniques pour vos choix fourragers au 021 614 24 30 ou à proconseil@prometerre.ch.

- Bulletin grandes cultures et herbages, conseils de saison et informations sur le semis de dérobées - Station de protection des plantes

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