07/10/2026
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Proconseil
Le 24 septembre dernier, la démonstration d’une fourche à adventice électrique a eu lieu à Rossens, dans le cadre du projet AgrEauConseil, projet visant à limiter l’utilisation de produits phytosanitaires dans le bassin versant d’Henniez.
La machine technologique, présentée dans le cadre du projet AgrEauConseil, a été fabriquée par Edouard Overnay d'Overtech.
Elle identifie les rumex à l’aide d’une caméra IA puis les élimine à l’aide d’une décharge électrique dans la racine, similaire à un foudroiement. Cette technologie innovante semble avoir un beau futur devant elle, notamment pour les exploitations en bio.
La machine est composée d’une fourche placée à l’avant du tracteur, d’un poids d’environ 800 kg, et d’une génératrice de poids similaire installée à l’arrière. Une caméra grand angle détecte les rosettes de rumex. Lors du passage de la machine, huit patins descendent alternativement afin d’entrer en contact avec les plantes. Un arc électrique de 50 kW se forme alors entre la plaque et une dent située sous celle-ci. Le courant pénètre ainsi dans le sol jusqu’à environ 10 cm de profondeur, une zone où se trouve la grande majorité des bourgeons dormants des rumex (selon un essai de Grangeneuve).
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La machine doit être utilisée sur des rosettes d’au moins 8 x 8 cm, et idéalement avant la montée en graines. Avec une vitesse d’avancement jusqu'à 2 km/h, il faut compter environ deux heures pour traiter un hectare. Pour que la machine soit plus efficace que l’arrachage à la main, une densité minimale d’environ 300 plantes/ha est recommandée. Le tracteur utilisé doit avoir une puissance d’au moins 110 chevaux.
L’électrocution touchant la majorité des bourgeons dormant, un labour effectué après le passage de la machine ne devrait pas faire repartir les rumex touchés.
La machine est homologuée par BioSuisse.
Le coût d’un passage est actuellement de 500 CHF/ha, sans tenir compte du déplacement. Pour les agriculteurs et agricultrices souhaitant acquérir la machine, son prix est d’environ 130'000 CHF. La vente de la machine et les travaux agricoles sont proposés par ETA Fragnière, à Estavayer-le-Gibloux.
L’impact de cette technologie sur la vie du sol a également fait l’objet d’essais menés par le FiBL, dont les principaux résultats ont été présenté lors de cette matinée par Benjamin Reichlin, collaborateur scientifique de cette organisation.
Les principaux effets du traitement sont localisés dans les 7 cm autour de l’arc électrique. Pour une densité de 1000 rumex par hectare, la mortalité des vers de terre mesurée était de 0,4 %. A titre de comparaison, un labour engendre environ 25 % de mortalité, et une fraise 70 %. Aucun effet n’a été mesuré sur la respiration microbienne. Dans les conditions de l’essai, aucun effet négatif significatif sur la vie du sol n’a donc été observé.
Cette technologie offre ainsi une nouvelle possibilité de lutte ciblée contre les rumex, et, n’ayant recours à aucun produit phytosanitaire, fournit une première solution mécanique pour les exploitations en bio (autre que la bonne vieille fourche à rumex).
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Les participants étaient nombreux lors de cette démonstration.
En savoir plus sur le projet AgrEauConseil: réduction phyto sur le bassin versant d'Henniez