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Météo des prés

Conduite de l'exploitation

Elaborée à partir de relevés agricoles sur prairies, cette page propose un état des lieux saisonnier, des critères de décision et des conseils pour l’entretien des pâturages, afin de maintenir la santé et la productivité des surfaces herbagères et fourragères, dès la reprise de la pousse.

 

Semaine 08.10.2026

La pluviométrie annoncée cette semaine devrait faire du bien aux semis d’automne et aux herbages.

Il faudra profiter de l’éventuelle repousse d’octobre, cumulée avec des températures toujours douces pour finir les regains ou pâturer avec le bétail pour ne pas trop taper dans les stocks fourragers de l’année. Une complémentation à crèche reste toutefois indispensable

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Points d’importance à retenir (infos approfondies ci-dessous)

 

Pâturage d'automne

Teneur en protéine de l’herbe. Après un été chaud et sec, la pluviométrie de cette dernière semaine a permis de valoriser l’azote disponible dans le sol. C’est pourquoi certains éleveurs ont observé des teneurs en protéines exceptionnellement élevées dans les herbages lors des dernières repousses.

Adapter la ration. Une herbe très riche en protéines peut entraîner une augmentation de l’urée du lait. Il peut donc être intéressant de réduire les concentrés riches en protéines ou de les remplacer par des aliments plus énergétiques, afin de mieux équilibrer la ration et de valoriser la protéine déjà apportée par l’herbe. C’est particulièrement important pour les vaches qui vont être mises à la reproduction, car des taux d’urée élevés peuvent pénaliser la fertilité.

Gestion des stocks. Dans beaucoup de cas, les stocks hivernaux devront être complétés par des achats de maïs (épi ou plante entière), de foin, de coproduits énergétiques (pulpes, pomme de terre) avec une probable augmentation des concentrés.

Des stocks de fourrage limités pour l’hiver incitent à adapter leur distribution selon les catégories d’animaux. Une stratégie consiste à profiter de la croissance compensatrice notamment pour les génisses d’élevage et les bêtes d’engraissement : après une période de croissance modérée en hiver, les animaux peuvent rattraper une partie de leur retard lorsque l’alimentation redevient favorable au printemps. Pour favoriser ce rattrapage, les résultats de la ferme expérimentale des Trinottières (France) suggèrent de viser environ 500–600 g de croissance par jour en hiver (lien résultats).

Dernier tour de pâture. Le dernier passage à l’automne sert à « raser l’herbe » afin de limiter les refus et favoriser l’accès à la lumière à la base des tiges pour le tallage des graminées et le développement des légumineuses.

Attention à ne pas trop tarder en automne car chaque semaine de pâture supplémentaire équivaut à un jour de retard de mise à l’herbe au printemps (échelonnage des parcelles).  Il faut compter environ 2 mois de repos de pâturage entre le dernier pâturage d’automne et le printemps suivant.

La hauteur d’herbe ne devrait pas descendre en dessous de 5 cm pour éviter le surpâturage, qui lui, retarderait la reprise de végétation en sortie d’hiver. Ceci est d’autant plus vrai si les conditions à l’automne sont trop humides (dégâts des parcelles).

 

Dérobées hivernantes

Dans des régions où le ray-grass ne convient pas, il est possible de mettre en place un méteil (mélange céréales – légumineuses). Il existe différents types de méteils en fonction de la valorisation et des objectifs de chacun (espèces choisies, proportions, etc).

Quelques exemples de mélanges : 

 

Il est conseillé de semer les méteils (mélanges céréales-légumineuses) à partir de mi-octobre pour éviter un développement trop faible ou trop important des légumineuses qui pourraient geler en hiver.

Les informations détaillées se trouvent ici : poster méteils.

 

Semis de prairie sous couvert

Il est maintenant trop tard pour effectuer des semis de prairies seule. En revanche, il est encore possible d’effectuer les derniers semis de prairies sous couvert, en particulier en zone de plaine.

À l’automne (septembre-octobre), le semis des prairies sous couvert de méteil ou de céréales (seigle, avoine) est une technique éprouvée qui présente plusieurs avantages : meilleure maîtrise des adventices, production d’un fourrage supplémentaire au printemps, effet protecteur du couvert contre les températures hivernales, etc.

Pour garantir la réussite de l’implantation et éviter que le couvert n’étouffe pas la prairie, quelques règles sont à respecter :

  • Semer à maximum 50-75% de la pleine dose du couvert
  • Semer la prairie et le couvert en 1 ou 2 passages en fonction de la taille des graines
  • Apport limité en azote (environ 0-30UN)
  • Faucher précocement la parcelle en sortie hiver (max fin avril) afin de favoriser l’accès à la lumière pour la prairie

Pour plus d’information, vous pouvez aller écouter le podcast Podconseil « Semer des prairies temporaires : quand ? comment ? »

 

 

Dérobées d'été

Les dérobées d’été à base d’avoine ou de raygrass pourront bientôt être valorisés en pâture ou en fauche.

Certains sorgho monocoupes doivent encore être récoltés. Le stade optimum de récolte du sorgho monocoupe se situe autour de 30% de MS dans la plante entière. En faisant le test de torsion de la tige, si du jus coule, le stade optimal n’est pas encore atteint.

On peut également vérifier la maturité avec le grain.  Le stade optimum de récolte correspond à environ 45 – 50% de MS dans l’épi, selon la répartition suivante :

      

 

En silo tranchée, le sorgho monocoupe est difficile à tasser et des jus peuvent couler s’il est trop humide. Si c’est votre type de stockage, il est préférable de mettre le sorgho par-dessus ou entre deux couches de maïs (« en sandwich »).

 

Luzerne

La dernière coupe de luzerne est prévue dans les prochaines semaine. Faire particulièrement attention à la portance du sol dans les parcelles qui sont maintenues en luzerne l'année suivante afin de ne pas endommager le nombre de pieds. En revanche, si la luzernière arrive à la fin cette année (souvent sale avec des graminées) il est possible de faire une dernière pâture automnale (souvent avec des génisses).

Voici quelques grands principes à respecter pour limiter les risques de météorisation :

  • Ne pas faire entrer les animaux avec la panse vide
  • Laisser du fourrage sec et fibreux à disposition ainsi que du sel et de l’eau à volonté
  • Retirer les animaux dès qu’une pluie est annoncée
  • Si possible faire pâturer au fil pour mieux gérer les quantités ingérées

       

 

Fumure

Il est également temps de penser à la fumure d’automne des prairies, et notamment au chaulage. Un chaulage de correction sur prairies permanentes nécessite une quantité de 10 à 20 dt de CaO/ha, alors qu’un chaulage d’entretien correspond à un apport de 5 à 10 dt de CaO/ha. La fiche technique « chaulage des sols » de Grangeneuve donne plus d’indication sur le type de produit à utiliser.

 

Un épandage de fumier frais à l’automne à le temps de se décomposer pour être valorisé l’année suivante, alors que le lisier épandu en sortie d’hiver est mieux valorisé par les plantes qu’à l’automne (risques de lessivage).

       

Conseil approfondi et formation continue

Nicolás Cauda et Eliane Lemaitre, conseillers agricoles chez Proconseil répondent à vos questions techniques à 021 905 95 50, n.cauda(@)prometerre.ch | 024 423 44 88, e.lemaitre(@)prometerre.ch .

Les dernières actualités sur les herbages vaudois, délivrées par Eliane Lemaitre, sont également publiées dans le bulletin d'information «Grandes cultures et herbages». Pour recevoir le bulletin de la station de protection des plantes dès sa sortie hebdomadaire, inscrivez-vous en envoyant votre adresse électronique ici. Ce service est gratuit.

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