29/10/2026

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Projet RISC : les exploitations sont-elles prêtes à affronter davantage de mauvaises années ?

Sécheresse estivale, excès d’eau, fortes pluies : les aléas climatiques pèsent de plus en plus sur la stabilité des rendements en grandes cultures. Lors d’un atelier du projet RISC, les agriculteurs de l’axe « Stabilité des rendements » ont partagé leur perception des risques, de leur niveau de préparation et des leviers d’adaptation à privilégier. Un décalage apparaît entre la fréquence des mauvaises années attendue et la capacité des exploitations à les absorber.

Des aléas variés, la sécheresse en tête

Le projet RISC accompagne les exploitations agricoles vaudoises dans leur adaptation au changement climatique et vise à faire émerger des solutions concrètes, directement applicables sur le terrain. À l’issue de l’atelier de discussion du 14 octobre 2026, un court questionnaire a été proposé aux participants.

La sécheresse estivale ressort nettement comme le principal risque : 57 % des répondants estiment que leur région y est plus exposée que les autres. Les excès d’eau en hiver, les fortes pluies locales et le caractère aléatoire des conditions sont également cités. Les exploitations doivent donc composer avec des conditions variées, entre manque et excès d’eau.

Plus de mauvaises années que ce que l’exploitation peut absorber

La majorité des répondants (57 %) préparent leur exploitation à un scénario de quatre à six mauvaises années sur dix. Pourtant, interrogés sur le nombre de mauvaises années que leur exploitation peut supporter en grandes cultures, ils citent le plus souvent environ deux années. Plusieurs précisent que cette capacité dépend des prix, des contributions, de la diversité de l’exploitation ainsi que de l’intensité et de la répétition des épisodes climatiques.

Ce décalage soulève une question essentielle : comment absorber des pertes de rendement plus fréquentes si la capacité à faire face aux années difficiles reste limitée ? Les agriculteurs ne se sentent d’ailleurs pas pleinement préparés : 71 % situent leur exploitation à 3 sur une échelle de 5, et aucun ne se considère comme tout à fait prêt.

Le sol au cœur des leviers d’adaptation

Parmi les leviers proposés, les pratiques liées au sol arrivent nettement en tête : la couverture appropriée des sols pour conserver l’humidité en été est jugée importante ou très importante par 86 % des répondants, la réduction du travail du sol par 71 %. L’accélération de la sélection végétale et le développement de l’irrigation suscitent des avis plus partagés.

Les participants ont également mis en avant d’autres pistes : éviter la compaction des sols, augmenter la matière organique, diversifier les rotations, développer l’ombrage et la plantation d’arbres, ou encore constituer des réserves fourragères et financières pour mieux traverser les années difficiles.

Des pistes à approfondir ensemble

Ces résultats, qui reflètent la perception des participants, constituent une base de discussion pour identifier les pratiques les plus pertinentes selon les réalités de chaque exploitation. Ils nourriront la suite des travaux du projet RISC autour de systèmes de culture capables de maintenir une meilleure stabilité des rendements dans un contexte climatique incertain.

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