© Proconseil

Météo des prés

Conduite de l'exploitation

Elaborée à partir de relevés agricoles sur prairies, cette page propose un état des lieux saisonnier, des critères de décision et des conseils pour l’entretien des pâturages, afin de maintenir la santé et la productivité des surfaces herbagères et fourragères, dès la reprise de la pousse.

 

Semaine 09.07.2026

Les conditions très sèchent se poursuivent, ce qui a pour conséquences une croissance quasi nulle des herbages, des stocks sur pied faibles et une complémentation à crèche qui devient inévitable.

Points d’importance à retenir (infos approfondies ci-dessous)

       

 Gestion des pâturages en conditions sèches

Pour préserver les plantes des prairies et leur permettre de maintenir suffisamment de robustesse durant toute la saison de pâture, la hauteur de sortie des parcs devrait correspondre environ au mois de l’année :

La gestion des pâturages est assez compliquée en cette période. Vu le manque d’herbe dans les paddocks, une complémentation importante (voire complète) à crèche est indispensable. Il faut en effet éviter la surpâture des prairies, qui risque de pénaliser les repousses estivales et dégrader la composition botanique pour l’année suivante.

Il ne faut pour autant pas gaspiller ce qui est encore vert. Une hauteur de sortie plus haute qu’au printemps (7-8 cm) et un temps de repos suffisant des pâturages (minimum 30 jours) est nécessaire à ce stade. Il faut donc s’armer de patience !

En effet, une biomasse de couverture permet de conserver une température du sol plus stable (25°C). Avec une faible biomasse de couverture la température peut monter à +30°C, donc le sol se déshydrate et se détériore (réseau de champignons, vie bactérienne altérée).

Une sortie au pâturage limitée dans le temps (de nuit) permet tout de même d’offrir aux animaux un peu de fraicheur. Si pour des raisons pratiques il n’est pas possible de rentrer les animaux en bâtiment, faire attention à proposer des zones d’ombrage et points d’eau, et d’affourager suffisamment de foin ou autres fourrages conservés.

Sur certaines parcelles on peut profiter de laisser égrener les bonnes graminées (raygras, pâturin, fétuque) et ainsi réaliser un sur-semis naturel et bon marché, pour autant que la composition botanique soit correcte et exempte de vivaces (rumex, chardons). Les graines germeront avec le retour des pluies et de l’humidité.

Dérobées d'été

Les moissons sont bien avancées actuellement. Sans retour de la pluie, un semis de dérobée semble difficilement envisageable, à moins de semer dans les maximums 2 jours après moissons, lorsque l’humidité résiduelle est encore présente dans les sols.  

Privilégier les plantes en C4 (sorgho, moha, millet) après orge et les mélanges à base d’avoine après blé ou triticale.

      

Pâture du sorgho

Le sorgho semé entre fin mai et début juin est prêt à être pâturé.

Une pâture à partir de 50 cm (Sudan grass) et 60 cm (hybride) est recommandée pour éviter des problèmes de toxicité. Une complémentation avec du foin permet également de sécuriser la ration.

Maïs

La plupart des maïs souffrent du stress hydrique. Pour l’instant pas de quoi se précipiter dans une éventuelle valorisation en vert mais une prolongation de la sécheresse autour de la floraison peut entrainer de fortes baisses de rendement et de qualité.

 

Méteils grains

La récolte des méteils grains approche, avec pour principal enjeu de récolter l’ensemble des espèces à un stade suffisamment sec pour assurer une bonne conservation, tout en limitant les pertes. En cas de maturité hétérogène – notamment si la fèverole reste plus verte – ou en présence importante de mauvaises herbes, le recours au fauchage-andainage peut être envisagé, à condition que les grains ne soient pas encore trop secs. Guide technique fauchage-andainage

 

Luzerne

La luzerne profite pleinement des conditions estivales. Pensez à la laisser fleurir au moins une fois dans l’année – souvent lors d’une coupe estivale – afin de reconstituer les réserves racinaires et préserver sa pérennité.

        

Fumure

L’apport de fumure, et notamment l’apport d’azote sous forme organique ou minérale a une faible rentabilité en période estivale. Ceci est d’autant plus vrai si l‘été est chaud et sec. Un apport de fumure est donc à privilégier sur les deux premières coupes de l’année.

Si des précipitations sont prévues dans les jours à venir, c’est l’occasion de faire vos apports. Privilégier les engrais de ferme (lisier) si vous en avez ou bien un engrais minéral azoté ou un engrais azoté soufré si vous repérer des carences (couleur jaune, visible sur les nouvelles feuilles).

     

Pour plus d’informations, consultez les actualisations Météo des près ainsi que la page spéciale sécheresse sur le site de Prométerre.

       

Conseil approfondi et formation continue

Nicolás Cauda et Eliane Lemaitre, conseillers agricoles chez Proconseil répondent à vos questions techniques à 021 905 95 50, n.cauda(@)prometerre.ch | 024 423 44 88, e.lemaitre(@)prometerre.ch .

Les dernières actualités sur les herbages vaudois, délivrées par Eliane Lemaitre, sont également publiées dans le bulletin d'information «Grandes cultures et herbages». Pour recevoir le bulletin de la station de protection des plantes dès sa sortie hebdomadaire, inscrivez-vous en envoyant votre adresse électronique ici. Ce service est gratuit.

créé par WGR