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Les précipitations de mardi dernier ont apporté un soulagement bienvenu face à ces conditions extrêmes. La pousse de l’herbe reste toutefois très faible, voire nulle, avec des stocks sur pied limités. Une complémentation à l’auge devient inévitable. Cette période sèche prolongée risque également d’avoir déjà dégradé certaines prairies, avec des impacts possibles sur leur potentiel de production.
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Points d’importance à retenir (infos approfondies ci-dessous)
Pour préserver les prairies durant les périodes sèches, il est essentiel de respecter une hauteur de sortie suffisamment élevée (7–8 cm) ainsi qu’un temps de repos adapté (minimum 30 jours). Il convient en effet d’éviter la surpâture ou des hauteurs de fauche trop basses, qui peuvent fortement pénaliser les repousses de fin d’été et entraîner une dégradation de la composition botanique pour la saison suivante. Il ne faut toutefois pas tomber dans l’excès inverse : l’objectif reste de valoriser le fourrage encore disponible, en trouvant un équilibre entre préservation du couvert et utilisation de l’herbe.
Une sortie au pâturage limitée dans le temps (de nuit) permet tout de même d’offrir aux animaux un peu de fraicheur. Si pour des raisons pratiques il n’est pas possible de rentrer les animaux en bâtiment, faire attention à proposer des zones d’ombrage et points d’eau, et d’affourager suffisamment de foin ou autres fourrages conservés.
Les espèces fourragères tempérées (raygras, pâturin de près) supportent mal les fortes chaleurs combinées à un stress hydrique prolongé. Associées à une surpâture ou des fauches trop rases, ces conditions peuvent entraîner leur disparition au profit d’adventices.
Sur certaines parcelles on peut profiter de laisser égrener les bonnes graminées (raygras, pâturin, fétuque) et ainsi réaliser un sur-semis naturel et bon marché, pour autant que la composition botanique soit correcte et exempte de vivaces (rumex, chardons). Les graines germeront avec le retour des pluies et de l’humidité.
Sur les six dernières années, trois (2022, 2023 et 2026) ont été marquées par la sécheresse. Cette récurrence souligne une nécessité évidente de renforcer la résilience des systèmes fourragers.
Diversifier. Au-delà de la constitution d’un stock de sécurité, il est recommandé de diversifier les mélanges fourragers et de consacrer au moins un quart voire un tiers des surfaces à des mélanges plus tolérants à la sécheresse, voire davantage dans les secteurs les plus secs. Cette diversification permet de mieux sécuriser les rendements et de préserver les prairies. Le tableau ci-dessous présente différentes possibilités à titre d’exemple.
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Le bon mélange au bon endroit. Cette année permet également de repérer les parcelles les plus sensibles au stress hydrique. L’implantation de mélanges mieux adaptés aux conditions sèches devrait y être priorisée.
Le renouvellement des prairies à l’automne offre une opportunité de valoriser l’interculture : implantation d’un sorgho multi coupe pour pâturer ou récolter durant l’été, ou semis sous couvert d’un méteil à l’automne afin de sécuriser la production fourragère printanière.
Anticiper. Lorsque les prairies atteignent leurs limites en été, les cultures annuelles peuvent jouer un rôle d’assurance fourragère. Les espèces en C4, comme le sorgho multicoupe, valorisent mieux la chaleur et tolèrent le sec pour fournir du fourrage à pâturer ou à faucher durant l’été.
À l’automne, le semis des prairies sous couvert de méteil ou de céréales (seigle, avoine) est une technique éprouvée qui présente plusieurs avantages : meilleure maîtrise des adventices, production d’un fourrage supplémentaire au printemps, effet protecteur du couvert contre les basses températures hivernales, etc.
Pour garantir la réussite de l’implantation et éviter que le couvert n’étouffe pas la prairie, quelques règles sont à respecter :
Les dernières précipitations améliorent les conditions de semis des dérobées. Pour maximiser les chances de réussites, cherchez une bonne profondeur de semis et priorisez des grosses graines.
A l’exception des régions très précoces, la période devient désormais trop tardive pour les espèces en C4 (sorgho, moha, millet). Il est donc préférable de s’orienter vers des mélanges à base d’avoine (type APP, ATP) ou éventuellement des mélanges type 200 (hivernante) pour les régions favorables au raygras.
Les parcelles de sorgho multicoupes et les eleveurs attendent leur prochaine pâture.
Une pâture à partir de 50 cm (Sudan grass) et 60 cm (hybride) est recommandée pour éviter des problèmes de toxicité. Une complémentation avec du foin permet également de sécuriser la ration. Éviter de pâturer un sorgho fortement stressé (feuilles enroulées et couleur vert-grisé). Attendre quelques jours avant de le faire pâturer.
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La majorité des maïs souffrent actuellement du stress hydrique, avec une intensité variable selon le type de sol, les précipitations reçues et la culture précédente. Avant toute décision de récolte en vert, il est essentiel d’évaluer la parcelle.
Si le dessèchement est généralisé, avec peu d’épis et plus d’un tiers des feuilles sèches à mi-fin floraison, une valorisation en vert peut être envisagée pour libérer la parcelle et implanter une dérobée.
En revanche, si seules quelques zones sont fortement touchées et que le nombre d’épis reste satisfaisant, il est préférable d’attendre la maturité optimale et d’ensiler. Dans les parcelles hétérogènes, la proportion entre zones desséchées et zones encore vertes doit guider la décision.
La luzerne profite généralement bien des conditions estivales favorables. Sur la photo, on observe par exemple une repousse après seulement 14 jours. Elle peut toutefois être fortement pénalisée dans les sols peu profonds, où la réserve en eau est limitée.
Pour les coupes estivales, un rendement d’environ 1-1.5t MS/ha peut être attendu selon la densité du stand. Profitez de cette période pour la laisser fleurir, afin de préserver sa pérennité. La perte de qualité fourragère se fait sur moins de rendement.
L’apport de fumure, et notamment l’apport d’azote sous forme organique ou minérale a une faible rentabilité en période estivale. Ceci est d’autant plus vrai si l‘été est chaud et sec. Un apport de fumure est donc à privilégier sur les deux premières coupes de l’année.
Si des précipitations sont prévues dans les jours à venir, c’est l’occasion de faire vos apports. Privilégier les engrais de ferme (lisier) si vous en avez ou bien un engrais minéral azoté ou un engrais azoté soufré si vous repérer des carences (couleur jaune, visible sur les nouvelles feuilles).
Pour plus d’informations, la page spéciale sécheresse sur le site de Prométerre.
Nicolás Cauda et Eliane Lemaitre, conseillers agricoles chez Proconseil répondent à vos questions techniques à 021 905 95 50, n.cauda(@)prometerre.ch | 024 423 44 88, e.lemaitre(@)prometerre.ch .
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