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Les précipitations de ces dernières semaines permettent à l’herbe de reverdir et aux dérobées de lever. Pour l’instant pas de quoi affourager en vert ou augmenter les surfaces de pâture car la pousse de l’herbe reste très faible, avec des stocks sur pied limités.
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Points d’importance à retenir (infos approfondies ci-dessous)
Le potentiel de récupération des prairies après un stress hydrique intense n’est pas à sous-estimer.
En revanche, certaines espèces fourragères tempérées (raygras, pâturin de près) en particulier des prairies temporaires ont peut-être mal supporté les fortes chaleurs prolongées combinée à d’éventuelles coupes rases ou surpâture.
En cas de forte dégradation de la composition botanique, au profit d’adventice, il peut être nécessaire de ressemer ou sursemer déjà cet automne.
Dans beaucoup de cas, il peut être préférable d’attendre le printemps prochain pour voir comment ces prairies repartent.
Sur les six dernières années, trois (2022, 2023 et 2026) ont été marquées par la sécheresse. Cette récurrence souligne une nécessité évidente de renforcer la résilience des systèmes fourragers.
Diversifier. Au-delà de la constitution d’un stock de sécurité, il est recommandé de diversifier les mélanges fourragers et de consacrer au moins un quart voire un tiers des surfaces à des mélanges plus tolérants à la sécheresse, voire davantage dans les secteurs les plus secs. Cette diversification permet de mieux sécuriser les rendements et de préserver les prairies. Le tableau ci-dessous présente différentes possibilités à titre d’exemple.
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Le bon mélange au bon endroit. Cette année permet également de repérer les parcelles les plus sensibles au stress hydrique. L’implantation de mélanges mieux adaptés aux conditions sèches devrait y être priorisée.
Le renouvellement des prairies à l’automne offre une opportunité de valoriser l’interculture : implantation d’un sorgho multi coupe pour pâturer ou récolter durant l’été, ou semis sous couvert d’un méteil à l’automne afin de sécuriser la production fourragère printanière.
Anticiper. Lorsque les prairies atteignent leurs limites en été, les cultures annuelles peuvent jouer un rôle d’assurance fourragère. Les espèces en C4, comme le sorgho multicoupe, valorisent mieux la chaleur et tolèrent le sec pour fournir du fourrage à pâturer ou à faucher durant l’été.
Varier les périodes de semis. Tendanciellement, les semis de prairie en fin d’été réussissent mieux que des semis d’été ou de printemps (retour de l’humidité, hiver moins rudes).On peut donc semer des prairies après le mois d’août ! Dans les zones plus fraîches, un semis de prairie sous couvert permet de sécuriser l’implantation.
Pour plus d’information, vous pouvez aller écouter le podcast Podconseil « Implanter des prairies temporaires : quand ? comment ? »
À l’automne (septembre-octobre), le semis des prairies sous couvert de méteil ou de céréales (seigle, avoine) est une technique éprouvée qui présente plusieurs avantages : meilleure maîtrise des adventices, production d’un fourrage supplémentaire au printemps, effet protecteur du couvert contre les températures hivernales, etc.
Pour garantir la réussite de l’implantation et éviter que le couvert n’étouffe pas la prairie, quelques règles sont à respecter :
Les dérobées d’été à base d’avoine ou de raygrass lèvent bien mais il faut encore attendre quelques semaines pour une utiliser en pâture ou en fauche ceet automne.
La croissance des sorghos multicoupes est stoppée par le froid. En dessous de 20°C, ils ne poussent quasiment plus. Ces derniers ont en majorité été récoltés mais il reste certains sorgho monocoupe à ensiler.
Le stade optimum de récolte du sorgho monocoupe se situe autour de 30% de MS dans la plante entière. En faisant le test de torsion de la tige, si du jus coule, le stade optimal n’est pas encore atteint.
On peut également vérifier la maturité avec le grain. Le stade optimum de récolte correspond à environ 45 – 50% de MS dans l’épi, selon la répartition suivante :
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En silo tranchée, le sorgho monocoupe est difficile à tasser et des jus peuvent couler s’il est trop humide. Si c’est votre type de stockage, il est préférable de mettre le sorgho par-dessus ou entre deux couches de maïs (« en sandwich »).
Les ensilages de maïs sont bien entamés, voire terminé pour certains. Comme attendus, les rendements de l’année sont moindres avec une grande hétérogénéité des parcelles en fonction de la date de semis et du type de sol. Les semis précoces (avant fin avril) s’en sorte le mieux, mais la valeur alimentaire n’est pas au rendez-vous.
Malgré tout, pour ceux qui entament l’affouragement en vert du maïs, les règles de base de restent en vigueur :
Pensez à évaluer vos stocks pour anticiper vos achats. Dans beaucoup de cas, les stocks hivernaux devront être complétés par des achats de maïs (épi ou plante entière), de foin, de coproduits énergétiques (pulpes) avec une probable augmentation des concentrés.
La dernière coupe de luzerne est prévue dans les prochaines semaine. Faire particulièrement attention à la portance du sol dans les parcelles qui sont maintenues en luzerne l'année suivante afin de ne pas endommager le nombre de pieds. En revanche, si la luzernière arrive à la fin cette année (souvent sale avec des graminées) il est possible de faire une dernière pâture automnale (souvent avec des génisses).
Voici quelques grands principes à respecter pour limiter les risques de météorisation :
Après une période sèche et chaude, le retour de la pluie permet de minéraliser les sols. Un apport de d’azote n’est donc pas nécessaire à ce stade.
Pour plus d’informations, la page spéciale sécheresse sur le site de Prométerre.
Nicolás Cauda et Eliane Lemaitre, conseillers agricoles chez Proconseil répondent à vos questions techniques à 021 905 95 50, n.cauda(@)prometerre.ch | 024 423 44 88, e.lemaitre(@)prometerre.ch .
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